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Indoorpol > Habitat > Documents partagés > santé  

Problèmes respiratoires, allergies, asthme, ...
 
Par rapport à l'ensemble des micro-organismes présents dans l'air, les spores de champignons, et particulièrement celles des moisissures, comptent parmi les particules vivantes les plus nombreuses et les plus diversifiées que nous respirons. La faible dimension des spores et la quantité d'éléments fongiques inhalés favorisent la pénétration des spores dans les voies respiratoires. Il est maintenant avéré qu'une exposition aux moisissures et particulièrement une exposition prolongée n'est pas sans risques pour la santé. Les réactions allergiques provoquées par l’inhalation de spores fongiques constituent un problème de santé reconnu par les cliniciens depuis des décennies (nez qui coule, irritation des yeux, toux, congestion et aggravation de l’asthme ). Et la littérature de ces dernières années indique clairement une relation entre des problèmes de santé et particulièrement des problèmes d'ordre respiratoire avec une exposition régulière à des moisissures. Citons les travaux (une métanalyse) de  W.J, Fisk, Q, Lei-Gomez, M, J, Mendell (2007 ), portant sur une trentaine de travaux concernant les associations entre humidité, moisissures et problèmes respiratoires dans les logements qui indiquent une augmentation de 30 à 50% de problèmes respiratoires variés et de symptômes asthmatiques en présence de moisissures. Les résultats montrent également que les associations sont statistiquement significatives dans presque tous les cas. 
 
   Graph Santé CRIPI  
Photo 1: Cladosporium spherospermum se développant sur le mur dans un WC

 Graph.1: Bilan des pathologies rencontrées au cours de 1028 interventions effectuées par CRIPI au cours de la période 2002-2009.

 

 Photo 2: Acariens se délectant du mycélium d'une moisissures se développant sur un mur

 

 
Les spores fongiques sont donc considérées comme d'importants allergènes aériens pouvant être à l'origine de pathologies allergiques les plus diverses telles que rhinites, dermatites, bronchites allergiques, asthmes, alvéolites allergiques extrinsèques, ainsi que d'autres pathologies encore mal connues. Une exposition récurrente favoriserait également les infections respiratoires.
 
A l'aspect allergisant pourrait s'ajouter la toxicité de certaines substances présentes dans les parois des hyphes et surtout dans celles des spores (mycotoxines). Comparées aux allergènes, les mycotoxines sont des métabolites secondaires de faibles poids moléculaires (entre 200 et 10 000 daltons) sécrétées par de nombreuses moisissures. Il est connu que l'ingestion de mycotoxines telles que aflatoxines, trichothécènes, etc., peuvent provoquer de sérieux problèmes de santé, pouvant même entraîner la mort. Des études récentes ont montré que des doses identiques de ces mycotoxines peuvent être plus toxiques inhalées qu'ingérées. Des concentrations relativement élevées en mycotoxines ont été également mesurées dans les spores de moisissures toxinogènes. De 600 à 1 100 ppm d'aflatoxines ont été trouvées dans des spores d'Aspergillus flavus et d'Aspergillus parasiticus, 15 ppm de trichothécènes dans des spores de Stachybotrys chartarum, et jusque 80 ppm de trichothécènes mesurées dans les spores de Fusarium graminearum et F. sporotrichoides. Et certaines mycotoxines, tels les trichotécènes produits par Stachybotrys chartarum (syn. S. atra) et Fusarium spp., ou la patuline et les acides pénicilliques produits par certains Penicillium, ont montré une action toxique sur le système respiratoire. Les hémolysines, isolées au départ chez Stachybotrys chartarum et depuis chez plusieurs moisissures familières des logements humides pourraient également constituer un risque pour la santé, et particulièrement pour les nourrissons. Ces éléments pourraient relancer la thèse souvent controversée concernant une relation possible entre des cas de mort subite des nourrissons suite à des hémorragies pulmonaires provoquées par l'inhalation de spores de Stachybotrys chartarum.
 
 
Le pouvoir irritant de certains produits organiques volatils émis dans l'air par certaines moisissures pourrait également s'avérer une sérieuse source de nuisances.
 
Il convient donc, en vertu du principe de précaution, d'être très prudent avec un patient habitant une maison "moisie", particulièrement quand celui-ci présente des phénomènes d'irritation, des migraines et des nausées dans son logement. Les nourrissons dont le système respiratoire est encore très fragile et les jeunes enfants sont d'autant plus vulnérables.
 
Aux moisissures se développant dans l'environnement sont souvent associés d'autres micro-organismes. C'est le cas des acariens (dit de stockage) et des bactéries.
 
Une autre problématique est celle concernant les moisissures infectieuses, c'est-à-dire celles capables de pénétrer et de se développer dans les tissus, et responsables des mycoses chez l'Homme. Toutefois, peu de cas d'infection fongique et de propagation par l'environnement sont connus ou démontrés dans nos régions . Nous citerons le cas de la mycose, appelée "pied d'athlète". L'environnement peut être contaminé par un individu atteint par ce champignon (Trichophyton rubrum) qui se développe au niveau des pieds. La propagation se fait en marchant pieds nus sur le sol contaminé. Le rôle des piscines et des salles de sports est bien connu. La salle de bain familiale peut également s'avérer un endroit de propagation.

En milieu hospitalier, certaines moisissures peuvent s'avérer responsables de mycoses invasives, maladies graves, heureusement assez rares et qui ne concernent que certains types de patients immunodéprimés dits "à risques".  Au retour à leur domicile, certains patients restent fragiles. Cette fragilité peut aussi se recontrer chez des patients atteints par exemple de la mucoviscidose.

Site à consulter:   http://www.hc-sc.gc.ca/ewh-semt/pubs/air/fungal-fongique/index-fra.php