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Indoorpol > Habitat > Documents partagés > humidité  

L'apparition de moisissures et autres champignons dans les maisons est toujours liée à des problèmes d'humidité, renforcés par des conditions micro-climatiques et la présence de substrats satisfaisants sur le plan nutritif. L'origine de l'humidité dans un bâtiment peut provenir de causes accidentelles, d'une mauvaise conception

architecturale, ou bien encore être liée à l'activité humaine.

 

 

 

Type de problèmes

Causes

1

Zone continue d'humidité à la base des murs, hauteur ne dépassant pas 1 mètre. Décollement du plâtre, du papier peint, gonflement des plinthes en bois,  efflorescences (NO3) et moisissures

Humidité  ascensionnelle (cave, rez-de-chaussée)

2

Zone discontinue, mais parfois très étendue, d'humidité au niveau des murs enterrés (cave) ou au niveau du sol. Décollement des revêtements muraux, efflorescences et moisissures.

Infiltrations de l'eau du sol au travers de la maçonnerie et des fondations

3

Zone discontinue d'humidité au niveau du mur de la citerne

Infiltrations d'eau au travers de la maçonnerie

4

Zone discontinue et très localisée d'humidité au niveau du mur, généralement au rez-de-chaussée. Décollement du plâtre, du papier peint, efflorescences et moisissures

Phénomène de rejaillissement des écoulements d'eau de la toiture (peut s'ajouter au phénomène d'humidité ascensionnelle)

5

Zone discontinue  d'humidité au niveau des murs particulièrement exposés aux intempéries. Phénomènes liés aux fortes précipitations . Développement rares de moisissures, mais danger de développements de certains basidiomycètes comme la mérule, à l'intérieur des planchers, linteaux en bois, ...

Maçonnerie poreuse, et en particulier au niveau des joints.

 

6

Zone discontinue d'humidité sur un mur de la salle de bain.

Mauvaise  étanchéité du support du carrelage de douche ou de la baignoire

7

Zone discontinue d'humidité au niveau de la corniche ou du tuyau d'écoulement des eaux de pluie. Décollement du plâtre, du papier peint, moisissures et danger de développements de certains basidiomycètes comme la mérule, à l'intérieur des planchers,  linteau en bois, ...

Corniche ou tuyau d'évacuation défectueux ou bouchés

8

Humidité au niveau du bas d'une porte fenêtre donnant accès à un balcon. Danger de développements de moisissures et de certains basidiomycètes comme la mérule, à l'intérieur des planchers

Vérifier étanchéité des solins du balcon

9

Humidité au niveau de la cheminée et de la toiture

Vérifier étanchéité des solins de la cheminée, et l'état de la toiture

10

Taches sombres et humides sur la partie supérieure de la cheminée (bistre). Développement possible de moisissures.

Condensation des fumées. Cheminée non tubée.

11

Mur humide sous la fenêtre. Décollement du plâtre, du papier peint, moisissures

Infiltration d'eau au niveau du bas de la fenêtre (voir également n°13)

12

Salle de bains: développement de moisissures au-dessus de la fenêtre, sur le plafond, ...

Humidité de condensation: douche, bain, manque d'aération, pont thermique

13

Forte condensation d'eau sur la fenêtre. Développement de moisissures sur les joints des vitres, le bas du châssis, les tentures, le papier peint sous la fenêtre

Humidité de condensation. Pour les vieux châssis en bois, vérifier l'évacuation de l'eau de condensation

14

Cuisine: développement de moisissures au-dessus de la fenêtre, sur le plafond, ...

Humidité de condensation vapeur produite par la cuisson, pas d'extracteur d'air, manque d'aération, pont thermique

15

Living: développement de moisissures au-dessus d'un appareil de chauffage

Appareil de chauffage au gaz ou au pétrole, sans raccordement extérieur

16

Buanderie: développement de moisissures  sur la partie supérieure des murs, sur le plafond, ...

Humidité de condensation: séchage du linge, pas d'extracteur d'air, séchoir électrique non raccordé vers l'extérieur, ...

17

Salle de bain: moisissures noires au niveau des joints du carrelage

Humidité régulière du support

18

Salle de bain: humidité sous le bac de douche ou sous la baignoire. Danger de développements de certains basidiomycètes comme la mérule, à l'intérieur des planchers

Fuites d'eau

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1. L'humidité de construction

Une des toutes premières causes d'humidité dans un bâtiment est l'humidité de construction. Celle-ci persiste plusieurs mois après la construction.   

Que faire? Chauffer et ventiler. En ce qui concerne le plâtre lissé, il est conseillé d'attendre qu'il soit sec avant de recouvrir les murs par de la peinture ou du papier peint. Toutefois, les murs dont le plâtre reste à nu pendant une période trop longue sont parfois colonisés discrètement par des moisissures, notamment par Cladosporium sphaerospermum.

On estime à environ 4 000 litres la quantité d'eau de construction qui devrait être évacuée après achèvement d'une petite habitation sociale, construite de manière traditionnelle.

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2. Les infiltrations pluviales

Les infiltrations pluviales au travers des façades (fissures, porosité), les problèmes de toiture, les descentes de corniche défectueuses, ou bien encore les ruptures de canalisation sont autant de sources d'humidité accidentelles pouvant survenir dans une habitation.

 Toiture et sous-toiture
Si elles ne sont pas détectées rapidement, les infiltrations de toiture peuvent être une source de développements fongiques. C'est le cas principalement au niveau d'espaces confinés (faux plafond, lambris), particulièrement lorsque ceux-ci comportent des éléments en bois non traités ou des panneaux contenant des fibres cellulosiques.

Que faire? Examiner régulièrement l'étanchéité de la toiture et prévoir des accès de contrôles. S'assurer de l'étanchéité des murs extérieurs qui sont recouverts de lambris ou de plaques de cartons plâtres à l'intérieur. Ces revêtements ne permettent pas toujours de détecter rapidement les problèmes d'humidité et l'espace confiné peut devenir un foyer de moisissures particulièrement prospère.

 Maçonneries extérieures
Les matériaux de construction (pierres, briques, béton, mortier, etc.) présentent en général une certaine porosité qui permet non seulement l'évacuation de l'humidité vers l'extérieur, mais également les pénétrations pour les murs les plus exposés aux intempéries. En cas de maçonneries anciennes (non pourvues de coulisse ou creux ventilé), le risque est donc grand de voir apparaître des traces d'humidité à l'intérieur des logements, principalement au niveau des façades exposées au sud et/ou à l'ouest.
Pour autant que les zones humides soient temporaires, et hormis les dégâts subits par l'eau, le développement des champignons reste souvent limité. Il faut cependant être attentif en ce qui concerne les espaces clos, peu ventilés, c'est-à-dire difficiles à sécher (espace sous les planchers, derrière les lambris, ou tout autre panneau de recouvrement). Ce sont des endroits à haut risque, principalement en ce qui concerne le développement des
basidiomycètes des maisons. 

Que faire? Les murs particulièrement exposés aux précipitations doivent tout d'abord être remis en état. Les joints de mortier sont généralement à refaire. Si cette opération n'est pas suffisante, le mur peut être protégé soit par un traitement hydrofuge, soit par un bardage avec ou sans isolation thermique incorporée. En cas de développement fongique, un assainissement doit être effectué. La présence de certains champignons, le mérule par exemple, nécessite l'intervention de spécialistes. Une évaluation correcte de l'étendue du champignon, l'évacuation des bois contaminés, l'injection sous pression de fongicides dans les murs, indiquent l'ampleur des mesures à prendre.

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3. L'humidité ascensionnelle

L'humidité ascensionnelle se manifeste dans le bas des murs (remontées de l'eau par capillarité). Elle est responsable du développement de moisissures sur bien des papiers peints et autres types de revêtements. Le plâtre se détache des murs et des efflorescences (petites grappes de cristaux blanchâtres, très solubles dans l'eau, qui s'effritent entre les doigts). Des moisissures noires apparaissent sur le plâtre mais surtout sur des supports plus nutritifs comme le papier peint par exemple (Cladosporium sphaerospermum, Chaetomium, Alternaria, Ulocladium, etc.).

Que faire? Un diagnostic préalable est capital, car il est rare de se trouver en présence d'une seule cause d'humidité. En effet, les maisons anciennes, systématiquement concernées par l'humidité ascensionnelle, sont également les plus touchées par d'autres causes telles les pénétrations des pluies, les condensations, les sels, les travaux d'amélioration et d'isolation inadaptés, etc. Lorsque les taches d'humidité sont continues sur toute la longueur du mur, on peut supposer que ce sont les remontées capillaires qui sont en cause. En revanche, si le mur est taché de manière discontinue, d'autres hypothèses restent envisageables, tels que rejaillissement, gouttières bouchées ou défectueuses, etc.

Pour remédier à l'humidité ascensionnelle, il est indispensable de faire appel à des spécialistes qui utiliseront des techniques le plus souvent basées sur l'injection sous pression de produits hydrofuges. Ceux-ci une fois injectés polymérisent pour former une barrière s'opposant à la remontée d'eau.

Le drainage des eaux autours des fondations du bâtiment peut être conseillé en parallèle, mais il ne remplace pas le traitement de l'humidité ascensionnelle.
Le plâtre humide endommagé doit toujours être remplacé. En effet, l'humidité ascensionnelle entraîne souvent avec elle des selsplus ou moins hygroscopiques (qui ont une forte affinité pour l'eau). Dans ce cas, le plâtre se comporte comme une éponge vis-à-vis de la vapeur d'eau que contient l'air ambiant.

Une autre source d'humidité est celle qui apparaît lorsque le niveau du sol extérieur est plus haut que le niveau du sol intérieur. Les murs de caves sont souvent très humides et le développement des moisissures telles que Aspergillus et Penicillium est fréquent. Toutefois, d'autres moisissures peuvent se développer sur du bois ou cartons humides accumulés, les étiquettes des bouteilles de vin, ou bien encore sur diverses denrées alimentaires.
D'autres espèces font alors leur apparition, notamment parmi les genres Trichoderma, Fusarium, Chaetomium, Ulocladium, etc. Toutes les conditions sont également réunies pour permettre le développement de macro-champignons comme
la mérule (Serpula lacrymans), le Coniophore (Coniophora puteana), etc.

Que faire? Parmi les remèdes, un assainissement général s'impose, suivi par l'instauration d'une meilleure ventilation. L'imperméabilisation des murs par l'extérieur (produits bitumeux) accompagné d'un drainage efficace n'étant pas toujours réalisable, il existe des techniques d'étanchement des murs, à l'intérieur du bâtiment. Ce procédé consiste à appliquer sur le côté interne des murs humides, des produits actuellement à base de résine. C'est la technique du cuvelage, mais qui peut parfois entraîner l'apparition d'humidité ascensionnelle à l'étage supérieur. Il faut également éviter d'accumuler tout matériaux biodégradables qui pourraient devenir une source de contaminations fongiques considérables.

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éDécollement des plinthes et développement de moisissures suite à de l'humidité ascensionnelle

   

Principaux sels solubles:
Sels provenant en général des matériaux et apparaissant sous forme d'efflorescences:
    • les sulfates de sodium
    • les sulfates de magnésium


Sels provenant du sol et du contact avec des polluants organiques et maintenant les matériaux humides du fait de leur hygroscopicité:
    • les nitrates de sodium
    • les nitrates de potassium (ou salpètre)

 

é Moisissures sur papier peint humide                             é Salpêtre
 

 

éCondensation sur simple vitrage et au-dessus d'un sèche linge

 

éCondensation sur un linteau froid (pont thermique)

 
 

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4. L'humidité de l'air et condensations de surface

L'humidité de condensation est une autre source importante favorisant le développement des moisissures. L'humidité de l'air vient pour une grande part de la présence humaine. 

On estime qu'un couple avec 2 enfants produit quotidiennement environ 10 litres d'eau sous forme de vapeur. Grosso modo, de ces 10 litres, 6 proviennent de la cuisson des aliments, bains, douches, lessives, et autres, et 4 de la respiration. Ne pas évacuer cette vapeur d'eau et lui permettre de se condenser dans l'habitat équivaut à barbouiller les murs de l'habitation chaque matin avec l'eau d'un seau de 10 litres.

L'air ambiant circulant dans le bâtiment est un mélange gazeux contenant de la vapeur d'eau. Cette vapeur d'eau est mesurée en gramme par m3 ou en gramme par Kg. On parle alors d'humidité absolue. L'humidité absolue a une valeur limite appelée limite de saturation. L'air n'est pas toujours saturé en humidité, aussi le définit-on généralement par son degré hygrométrique, ou degré d'humidité relative. Celle-ci est égale au rapport entre l'humidité absolue et la limite de saturation.
Lorsque l'on abaisse progressivement la température de l'air, la masse de vapeur d'eau qu'il contient reste constante, mais l'humidité relative augmente jusqu'à ce qu'une certaine quantité de vapeur d'eau passe à l'état liquide: c'est le phénomène de condensation. La température à laquelle apparaît cette condensation est appelée température de rosée.

Une règle simple de conversion, applicable entre -10 et 30°C, permet d'estimer sommairement la variation du taux d'humidité relative (HR) d'un volume d'air lorsque sa température est modifiée:
• Lorsque la température baisse de 10°C, le taux relatif d'humidité de l'air double
• Lorsque la température s'élève de 10°C, ce taux est réduit de moitié.

Le taux d'humidité idéal de l'air
Pour les individus, la fourchette de confort est assez large, de 35 à 100%.
Pour les bâtiments, cette fourchette se rétrécit considérablement entre 35 et 65 % car au-delà de 65%, les risques de condensation augmentent fortement. L'hygromètre permet le mesurer l'humidité relative.

Le Taux de Renouvellement de l'Air (TRA)
Le TRA est mesuré en volumes par heure. C'est le nombre de volumes d'air frais égaux au volume de la pièce considérée, introduits en une heure. Par exemple, dans un living ou une chambre occupée, le TRA devrait être au minimum de 0,3. C'est à dire que le volume d'air frais introduit en une heure correspond au tiers du volume de la pièce.

Les ponts thermiques
Ce sont des zones plus froides, généralement où l'isolation thermique est interrompue. Ce sont des endroits privilégiés pour les phénomènes de condensation et la formation de moisissures. En effet, dès que la température de surface de la paroi intérieure d'un local est inférieure à la température du point de rosée, il y a condensation.

Que faire? Pour éviter les phénomènes de condensation, il faut veiller à:
• Maintenir le taux d'humidité dans la fourchette idéale: entre 35 et 65%
• Maintenir un Taux de Renouvellement de l'Air (TRA) suffisant et permanent (minimum de 0,3).
• En cas de forte production de vapeur d'eau, augmenter temporairement le TRA
• Réduire les sources de vapeur d'eau comme sécher le linge à l'intérieur, un séchoir électrique, chauffage au gaz ou au pétrole non raccordés vers l'extérieur, ...)
• Elever la température de l'air en chauffant davantage (de manière à maintenir une HR correcte)
• Résoudre ou atténuer les ponts thermiques par une isolation adaptée

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5. Remarques générales

Il est à signaler que les diverses interventions conseillées ci-avant afin de lutter contre les problèmes d'humidité ne permettent pas d'obtenir un assèchement immédiat de matériaux. En effet, l'eau a besoin de délais plus ou moins longs pour s'évaporer et il sera souvent nécessaire d'attendre plusieurs semaines, voire quelques mois, avant d'observer un assèchement suffisant à la réfection des finitions.

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