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Indoorpol > Bâtiments et bureaux

De nombreuses personnes travaillent dans des bureaux équipés de systèmes centralisés de conditionnement d'air (HVAC). Conçus pour renouveler l'air et pour procurer un meilleur confort climatique (température, humidité) et acoustique, ces systèmes sont loin de faire l'unanimité.

Le terme "Sick Building Syndrome" ou SBS est le plus souvent évoqué, sans doute parce qu'il caractérise une symptomatologie complexe liée à ce type d'environnement. Sa définition très large traduit bien le caractère multifactoriel du problème. Les 5 groupes de symptômes les plus fréquemment observés sont:

  • Irritation et obstruction nasale
  • Sécheresse et irritation de la muqueuse des yeux
  • Sécheresse et irritation de la gorge
  • Sécheresse et irritation de la peau
  • Manifestations générales comme migraine, léthargie, état de fatigue conduisant à un manque de concentration

Des nausées, un changement dans la perception des odeurs et du goût, toux et sifflements respiratoires, etc., sont également signalés.

La rhinite et la sinusite allergiques sont des affections fréquentes touchant environ 20% de la population. La rhinite allergique est une inflammation de la muqueuse du nez avec écoulement nasal ou congestion, démangeaisons et éternuements. La sinusite allergique est une complication de la rhinite allergique, avec écoulements purulents et toux, souvent accompagnée de maux de tête, douleurs faciales et fièvre. Les agents responsables peuvent aussi bien être de nature physique (fibres, poussières), chimique (produits organiques volatils), ou biologique (poils d'animaux, acariens, blattes, moisissures).

L'asthme allergique a progressé en prévalence et en sévérité depuis ces deux dernières décennies. Il se manifeste par une obstruction réversible des voies respiratoires suite à une réaction bronchique inflammatoire, immédiate ou retardée. Les facteurs de risques sont multiples et incluent notamment les poussières de maison, ce qui sous-entend la présence d'acariens de type Dermatophagoïdes, les allergènes de blattes (cafards), les moisissures et autres micro-organismes. D'autres facteurs peuvent jouer un rôle aggravant comme la fumée de cigarette ou certaines substances organiques volatiles présentes dans les matériaux de construction, ou bien encore des polluants d'origine extérieure.
 
Parmi les maladies allergiques sévères, l'alvéolite allergique extrinsèque (AAE) se présente comme une réaction inflammatoire des poumons, caractérisée par une fibrose alvéolaire et une inflammation intersticielle, avec fièvre, toux et sensation d'étouffement. Cette maladie résulte d'une exposition importante et prolongée à des poussières organiques constituées de particules de très petite taille. Les premiers cas d'alvéolites de ce type associées à la présence d'Actinomyces thermophiles dans des systèmes de traitement d'air, furent décrits en 1970.
 
La fièvre des humidificateurs est un autre type de maladie contractée dans les bâtiments équipés d'installations de traitement d'air. Elle se caractérise par des maux de tête, myalgies, léthargie, fièvre et respiration courte. Ces symptômes se manifestent le premier jour du retour au travail (après le week-end, des vacances), et se résolvent naturellement après 24 heures, malgré une exposition continue dans le même environnement. A part cette périodicité de symptômes, les manifestations cliniques et physiologiques sont similaires à une alvéolite allergique extrinsèque, mais la radiographie des poumons reste normale. Les causes spécifiques de la fièvre des humidificateurs restent inconnues. Elles sont variées et certainement liées à la présence dans l'eau d'humidification de moisissures, de bactéries, de protozoaires, ou de nématodes. Ces micro-organismes peuvent s'avérer de sérieux agents allergisants. Ils peuvent aussi produire des métabolites toxiques, comme les mycotoxines, endotoxines, et différents produits organiques volatils, dont certains présentent un pouvoir irritant.
 
La légionellose ou maladie des légionnaires est l'une des affections les plus graves que l'on puisse contracter dans ce type d'environnement. Après 2 à 10 jours d'incubation, elle se manifeste sous la forme d'une pneumopathie aiguë fébrile causée par une bactérie Gram-, Legionella pneumophila. Cette maladie est initialement caractérisée par une asthénie, une fièvre élevée (40°C), des myalgies et des céphalées, une toux sèche, des difficultés respiratoires, avec parfois diarrhées et vomissements. Cette bactérie a été isolée pour la première fois en 1976, aux Etats-Unis, au cours d'une épidémie de pneumonie parmi les participants à un congrès d'anciens légionnaires (182 cas, 29 morts). Cette bactérie était présente dans les petites gouttelettes d'eau propagées dans le système de conditionnement d'air. Depuis, les recherches ont permis d'identifier une trentaine de Legionella. Parmi ces espèces, certaines sont capables de provoquer des affections moins sévères, comme la fièvre de Pontiac (5 heures à 3 jours d'incubation), dont les symptômes cliniques rappellent ceux de la grippe.